Des champs de maïs à perte de vue, un non-sens face aux contraintes climatiques actuelles. Et si le sorgho venait remplacer les épis jaunes ?
Plutôt inconnu dans l’Hexagone, le sorgho est pourtant la cinquième céréale la plus cultivée dans le monde*. Et elle a plus d’un atout dans son sac pour faire face au manque d’eau et aux fortes températures.
Moins gourmand en eau, plus résistant aux fortes chaleurs
Au maïs très gourmand en eau, qui demande le déploiement quasi systématique de l’arrosage en France, le sorgho répond par des besoins réduits de 30 %. La solution se trouve dans son système racinaire qui va chercher l’eau bien plus loin sous terre. En cas de sécheresse, il résiste ainsi mieux que le maïs.
C’est également le cas lorsque le thermomètre grimpe. Le sorgho se remet mieux que le maïs de ce « stress thermique ». La canicule doit tout de même être limitée, sinon le rendement y perd et la culture peut être endommagée. Autres qualités non négligeables : le sorgho est moins ciblé par les ravageurs, ce qui permet d’éviter le recours aux pesticides. Il nécessite aussi moins d’engrais naturels ou chimiques, ce qui en fait une culture économique.
Un regain d’intérêt face au réchauffement climatique
Le sorgho est une culture originaire d’Afrique, qui s’est déjà frayé un chemin en France dès le Moyen-Âge. Puis la céréale a été progressivement supplantée par d’autres, plus en vogue ou bénéficiant de plus d’aides financières. Mais depuis quelques années, le sorgho connaît un regain d’intérêt sur le territoire. Il est de plus en plus plébiscité par les cultivateurs et des coopératives agricoles cherchant à s’adapter aux impacts du réchauffement climatique. Des recherches ont aussi permis l’émergence de variétés plus adaptées au climat français.
Le sorgho n’est toutefois pas encore un concurrent sérieux au maïs. Si la France est le deuxième producteur européen après la Hongrie, seuls 51 598 hectares de sorgho [PDF] ont été cultivés sur place en 2022. Contre 1,5 million d’hectares pour le maïs.
Une céréale sans gluten
Tout comme le maïs, les variétés de sorgho aujourd’hui semées en France sont principalement destinées à nourrir les animaux d’élevage. Mais d’autres variétés, beaucoup plus adaptées à nos assiettes, pourraient être cultivées en lieu et place, permettant de répondre à la nécessité d’une alimentation humaine réduite en viande.
Ailleurs dans le monde, le sorgho est très présent dans certains plats traditionnels. Car sur le plan nutritionnel, là encore, le sorgho présente des qualités importantes : il est sans gluten, riche en fibres et en protéines, et présente un faible indice glycémique.
Pour toutes ces raisons, il y aurait urgence à remplacer massivement le maïs par des variétés de sorgho adaptées à une alimentation humaine et végétarienne.
* Source : FAO (« Food and Agriculture Organization »), l’agence des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture
** Source : FranceAgriMer, un établissement public placé sous la tutelle du ministère de l’Agriculture